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Société Auguste Vestris - Le Grand Adage et l’allegro au ralenti dans l’enseignement de Viktor Gsovsky
  Auguste Vestris


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Ad agio : l’aisance dans les grands temps d’adage

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Le Grand Adage et l’allegro au ralenti dans l’enseignement de Viktor Gsovsky
vu par Lilian Karina

25 mars 2018

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Gsovsky composait un nouvel et majestueux Grand Adage pratiquement tous les jours. Exploration de tous les plans et volumes de l’espace, plutôt que série de poses statiques, ils explosaient soudain dans le feu d’artifice de l’allegro. Son Grand Adage était un édifice complexe, bâti sur des mouvements dont la logique était implacable. D’un côté un ralenti extrême, des équilibres (« la pose doit se poser », disait-il, « et donc adhérer strictement au tempo »), mis en valeur par des passages où les vagues de mouvement étaient incessantes. « La vie de la danse se trouve entre équilibre et perte d’équilibre » disait-il. En quittant un équilibre ou en recevant un saut, il y avait un genre de rallentando, une suspension telle une descente en parachute. Un Grand Adage pouvait se conclure avec une pose à genoux ou même assis, ou bien en effacé en fondu profond à la quatrième derrière.

Ces Grands Adages, où souvent il donnait de grands renversés, avaient été préparés dès la barre par de vastes mouvements de « corps et bras », intégrant des cambrés profonds en avant et arrière, des cambrés latéraux ouvrant toutes les côtes, mais toujours dans le respect de la colonne vertébrale. Il faut souligner aussi le travail préparatoire sur la tête et le cou, auquel il cherchait par une série d’exercices précis à donner – avec le plus grand contrôle et la plus grande précaution – sa pleine amplitude d’action pour que le danseur maîtrise l’expressivité du torse et de la tête sans se blesser une fois sur scène. En ceci, Gsovsky était, encore une fois, un précurseur.

Gsovsky attribuait une grande importance à l’allegro au ralenti [1]. Tous les pas d’allegro y passaient, créant pour le spectateur l’illusion d’un corps auquel la gravité ne dicte pas sa loi. La technique donnait à l’élève une conscience non seulement de son propre poids mais surtout des coordonnées de l’espace environnant, dont la géométrie et aussi la densité devenaient pratiquement tangibles.

Dans la technique d’allegro au ralenti, Karina se rappelait que son corps semblait accumuler comme un concentré d’énergie qui exploserait ensuite dans l’allegro brillant et enlevé. Gsovsky savait éveiller la conscience des flux d’énergie.

Autre principe de son enseignement : la conscience de l’axe, c’est-à-dire de la ligne d’aplomb, origine de la symétrie qui, à son tour, sous-tend l’acquisition des notions d’équilibre. Les bras devaient être correctement placés par rapport à cet axe et ne jamais le traverser. Quant aux yeux, ils anticipaient le mouvement.

Extraits et traduction d’une monographie du Professeur Falcone, sous le titre « The Teaching of Victor Gsovsky in Berlin, 1926–1936, as seen by Lilian Karina », dans la revue Dance Chronicle, Vol. 24, issue 3, 2001. Voir aussi :
http://www.augustevestris.fr/article312.html.


[1Dont un exemple serait la Mazurka du Poète dans Les Sylphides, Cf. Royes Fernandez, magistral, dans :
https://www.youtube.com/watch?v=lAytYlAsxtE.