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Société Auguste Vestris - Une recherche des extrêmes : le Grand Adage dans la méthode Cecchetti
  Auguste Vestris


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Ad agio : l’aisance dans les grands temps d’adage

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Une recherche des extrêmes : le Grand Adage dans la méthode Cecchetti
Elisa Corsini, Scuola Hamlyn

25 mars 2018

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Florence, 9 janvier 2017

Dans la méthode d’Enrico Cecchetti, l’objectif du Grand Adage est de permettre au danseur d’acquérir un contrôle parfait sur son propre corps et d’optimiser la qualité du mouvement, avant de retrouver les mêmes formes dans le Grand Allegro. Les Adages du Maestro constituent l’étude appliquée des principes sur lesquels reposent ses célèbres Six Jours de la Semaine. Techniquement très complexes, leur valeur artistique et chorégraphique est non moins considérable. Le danseur qui applique consciencieusement les principes ressentira une grande joie, un plaisir éclatant à plonger dans tous les plans spatiaux, à passer d’une position extrême à l’autre à une vélocité fulgurante, à explorer les formes dans toute leur tridimensionnalité. Et tout ceci est tellement « contemporain » ! Ces renversés aux changements de position, de direction, de poids si fluides, si rapides sont vus comme étant terriblement « actuels » par le danseur contemporain … pour peu qu’il soit doté d’une solide formation classique !

Quelle modernité, cette méthode !

Soulignons cependant combien il est fondamental pour le danseur de se déplacer avec autant de stabilité que d’harmonie, ce qui exige de développer en profondeur et grâce à la lenteur de l’adage les muscles posturaux, si l’on veut maintenir le corps fermement sur la ligne d’aplomb, sur son centre. Ainsi, les jambes ont tout l’espace voulu pour bouger avec aisance et se déployer dans toute leur longueur. Le mouvement pourra ainsi tendre toujours vers le haut, le buste le plus loin possible des reins : les membres gagneront alors en agilité et les lignes en longueur.

Or, pour que les muscles posturaux puissent être forts et faire leur travail, il faut que les jambes soient tenues « la hauteur », c’est-à-dire basses, besogne épuisante si l’on insiste à les tenir par les seuls quadriceps. Oui, je veux bien dire qu’il ne faut pas lever les jambes au-delà de 90 degrés, sauf à sacrifier toute la virtuosité des changements de poids, de direction, à sacrifier les suspensions et la « perte d’équilibre » délibérée que l’on recherche en ces adages. D’autre part, si l’on a compris que ce moment du cours est destiné à préparer le Grand Allegro, lever les jambes au-delà de ce que l’on pourra faire en sautant est d’une parfaite inutilité !

Entre en jeu, ensuite, l’aspect capital qui est l’opposition des forces (les spirales, l’épaulement) autour de l’axe central, qui permet de maintenir en équilibre le corps dans les positions les plus improbables !

Le danseur ne sera jamais contraint d’afficher toute la puissance, tout le contrôle qu’exigent ces chefs-d’œuvre de dynamique et de geste ciselé, car sa préparation physique lui permettra de n’y appliquer que le juste effort (moindre action) pour laisser toute la place à son jugement artistique, au lyrisme des ports de bras, à la poésie et au raffinement qu’exprime la chorégraphie, pour la plus grande joie de celui qui danse et de celui qui regarde.