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Société Auguste Vestris - Présentation Soirée Egorova
  Auguste Vestris


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30 mai 2010, sixième soirée : Liubov Egorova

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Présentation Soirée Egorova
30 mai 2010

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« Le sujet, est la beauté et l’amour »

Ces paroles, prononcées par la ballerine danoise Lis Jeppesen au sujet d’August Bournonville, définissent tout aussi bien Liubov Egorova, l’artiste et l’être humain. Son prénom, Liubov, signifie Amour dans la langue russe, et c’est ce que ses élèves disent tous et d’emblée d’elle : son attitude vis-à-vis de la musique, du travail et des autres êtres humains était d’une seule pièce, innondée de bonté et d’une sagesse qui imposaient son autorité bien plus que les lauriers conquis au Théâtre Impérial ou son rang d’aristocrate.
Dans les mots de son élève Ethery Pagava, « les artistes sont parfois aboutis dans leur œuvre mais pas dans la vie. Madame Egorova était un être humain abouti dans la vie aussi. C’est le plus difficile. »

Contemporaine de Mikhaïl Fokine à l’Ecole impériale de danse d’où ils sortirent en 1898, Egorova se considérait comme disciple de Cecchetti, Johansson (Pierre Lacotte souligne que c’est Marie Taglioni, dont il fut en Suède l’un des derniers partenaires, qui imposa Johansson à Saint-Petersbourg) et Ekaterina Vazem. Si la première décennie de la carrière d’Egorova au Théâtre Maryinskii se déroula à l’ombre des techniciennes spectaculaires que furent notamment Mathilde Kschessinskaya ou Agrippina Vaganova, c’est vers 1909 qu’elle trouva sa voie personnelle. Dotée d’une technique non moindre mais surtout, d’une personnalité qui refusait tout cabotinage, Egorova avait appris à déguiser l’effort, à ne faire qu’un avec la musique. Or, les ballets impériaux étaient sclérosés par la convention. Faute d’innovation chorégraphique, le public petersbourgeois qui s’ennuyait au théâtre en était venu à idolâtrer ses étoiles ainsi que les prouesses ostentatoires, qui allaient bientôt mener la danse sur une pente glissante.

Cependant, les interprétations d’Egorova récompensaient le spectateur attentif ! Ainsi Gennadi Smakov écrit, « l’originalité de son Odette se trouve dans la profondeur de sa réponse émotionnelle à la musique. Cette puissance d’interprétation était d’autant plus émouvante si l’on considère l’économie de moyens dont elle est née. Son Odette, frémissante, distante et empreinte de douleur était rendue par un visage immobile et des mouvements silencieux, apparemment le produit d’un envoûtement et qui l’enveloppait de mystère. » Le tout, selon Krassovskaya « avec une fidélité sans faille aux principes du classicisme impérial ».

En 1917, Egorova se retira du Théâtre Maryinskii pour se produire à l’étranger dans les Ballets russes de Diaghilev. Entre 1923 et 1968, elle a dirigé - aussi respectée qu’aimée - son école à Paris selon ses propres lumières, et sans jamais se laisser aller aux insultes et à l’humiliation qui étaient monnaie courante de la pédagogie de son époque. De cette école parisienne sont issus certains des plus grands danseurs, pédagogues et chorégraphes du XXème siècle.

K.L. Kanter